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LES CHARMILLES

mercredi 3 octobre 2018, par rogertempete

LES CHARMILLES

Pour les habitants arrivés depuis quelques années à Coulombs, les Charmilles évoquent un restaurant situé au carrefour du Cygne, à l’entrée de la cavée de Houdan, lequel existe toujours mais sous une nouvelle dénomination puisque devenu une crêperie.

Pour les plus anciens habitants, les Charmilles se situent aujourd’hui dans le Domaine de Rougemont ainsi que je l’ai souligné dans l’histoire des rues de Coulombs.

C’est le baron COCHE, né à Paris le 9 mars 1864 et décédé à Coulombs le 4 février 1931, qui a fait réaliser un important parc paysager dans une zone pentue et inapte à la culture en plantant des arbres d’essences diverses et rares dans le style des jardins de la fin du dix-neuvième siècle dont une charmille qui a laissé son nom à l’ensemble du lieu.

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Alexandre COCHE Baron de la FERTÉ

L’accès à ce parc se faisait en son bas par l’actuel chemin de la grimpette et par le chemin de la grenouillère qui est l’appellation sur Coulombs du chemin rural n° 19 dit chemin de la Ribordière. Il faut préciser qu’avant le percement de l’accès au domaine de Rougemont et l’aménagement du carrefour, il y avait à cet endroit des maisons que j’ai connues en ruines dans les années 1950 mais qui étaient habitées au début du vingtième siècle. La photo montre l’angle d’une maison et immédiatement derrière le début de la charmille déjà bien formée.

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Entrée basse des Charmilles

L’autre accès se faisait à partir de la route de Bréchamps par une allée bordée de buis qui aboutissait à un piédestal destiné à recevoir une statue. C’est l’actuelle avenue de Rougemont que montre la photo datant de la même époque que la précédente.

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Entrée haute des Charmilles

Entre les deux niveaux existaient des allées dont une à l’intérieur du domaine de Rougemont a été conservée sous le nom d’allée des Cyprès. La photo doit montrer une autre allée qui devait rejoindre ou couper la précédente et qui a disparu. Il est question du pont Deshoulières. Le nom de M. Deshoulières qui devait être l’architecte de ce pont a déjà été cité dans d’autres articles. Il est décédé en 1902. Cette date donne une référence à la période d’aménagement des Charmilles.

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Vers le pont

Ce parc aurait donc été planté dans les années 1890 ou au début des années 1900 et l’on m’a raconté que le Baron COCHE l’avait crée dans un but bien précis. Il projetait, paraît-il, d’aménager une terrasse au bout de l’allée du haut et d’y construire un château qui aurait fait le pendant de celui de Nogent-le-Roi situé juste en face. Un rêve qu’il n’a pas pu réaliser.

L’aménagement du parc était soigné et il y avait quelques constructions qui ont disparu. La photo prise dans le terrain qui longe la rivière du coulis montre l’Hermitage avec son escalier d’accès.

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L’Hermitage

Cet escalier existe toujours. On le voit lorsqu’on se promène dans le chemin de la grenouillère. Son début se trouve aujourd’hui dans une propriété privée sur la gauche et la suite sur la droite mène à la charmille située au dessus. Il n’y a plus de trace de la petite maison.

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Gros plan sur l’escalier

Plus loin, à proximité du pont en ciment, il y avait un aménagement avec des statues qu’on appelaient les faunes musiciens qu’on peut admirer sur une carte postale.

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Les Faunes Musiciens

Les faunes musiciens - j’ignore combien il y en avait au total - ont été photographiés par des habitants de la commune qui se promenaient dans le parc. Le faune sur le haut support est celui de la carte postale. Celui sur un support bien plus bas devait se trouver ailleurs car sa position semble totalement différentes des deux autres haut perchés sur la carte postale.

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Se faire photographier en compagnie des Faunes Musiciens

Il est certain qu’il existait d’autres statues qui représentaient, paraît-il, les saisons ou des divinités. Une photo permet d’en apercevoir une ainsi que la base d’un piédestal dépourvu de motif. Est-ce qu’il a existé des statues sur ce piédestal qu’on peut toujours voir avenue de Rougemont ? Les avis divergent. Certains disent qu’il n’y a jamais eu de statues. D’autres rapportent qu’il y avait des griffons en bronze, sorte d’animal fabuleux représenté avec le corps d’un lion, la tête et les ailes d’un aigle, les oreilles du cheval et une crête de nageoires de poisson. C’est possible qu’ils aient été fondus au moment de la guerre de 1914-1918 au titre de l’effort de guerre. La présence sur la photo d’une petite fille identifiée née bien avant la guerre de 1940 prouve que les statues n’y étaient plus avant cette date.

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Autres statues aux charmilles

Il existe d’autres cartes postales des Charmilles mais je suis certain de ne pas toutes les connaître. Ainsi, on constate que des cartes couleur sépia portent les numéros 1 et 3. Je suis curieux de savoir ce que représente le numéro 2 et si la série ne comporte pas d’autres numéros. Si une personne possède cette carte elle me ferait plaisir en me la prêtant pour que je puisse la copier et l’insérer dans cet article.

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Cartes Postales des Charmilles en noir et blanc

La Charmille proprement dite avait été plantée pour en faire une tonnelle nécessitant une taille harmonieuse annuelle. Elle se trouve sur une terrasse au dessus du chemin de la Grenouillère qu’elle longe. Il y a d’abord une première allée à ciel ouvert bordée sur la gauche d’une haie de buis puis la tonnelle sur la droite qui constitue un deuxième chemin de promenade formant un tunnel végétal.

On m’a dit qu’un jardinier de Coulombs, M. Albert MAILLARD avait participé à sa plantation. Au début des années 1950, c’est encore lui qui en assurait la taille et celle des buis de la promenade contigüe à la tonnelle, probablement de manière bénévole pour maintenir en état "l’œuvre" à laquelle il avait participé. Peu de temps après son décès survenu en 1957, le parc a été vendu pour devenir le domaine de Rougemont. La tonnelle a longtemps été laissée à l’abandon. Les charmes ont été malades. Alors, il a été tenté de sauver ce qu’il en restait avec une taille sévère et en replantant quelques charmes en remplacement de ceux qui étaient morts. Le résultat n’a pas été à la hauteur des espérances mais la tonnelle est restée en place.

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Sous les charmes de la tonnelle
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Une portion des Charmilles en 2018

Le Baron COCHE avait aussi fait construire dans la vallée au pied de ce parc la Ferme des Près à laquelle on accédait par le chemin des prairies qui commence à l’actuelle rue Sully

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La Ferme des Près

Il avait crée un chemin à partir de la Ferme des Près qui lui permettait d’accéder au parc des Charmilles par le pont en ciment. Au milieu de ce chemin, se trouve encore une plantation géométrique de huit arbres qui fait penser à une sorte de halte ombragée.

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Bouquet de huit arbres dans la prairie

C’est en 1961 que l’aménagement du Domaine de Rougemont a entraîné la destruction du parc du Baron COCHE vendu pas ses descendants. La Ferme des Près, vendue également avec les près qui l’entouraient, est restée habitée encore quelques temps avant d’être abandonnée puis de se dégrader.

Sauf erreur, la Promenade Terrasse des Charmilles et la tonnelle font partie de la copropriété du Domaine et leur entretien reste à la charge de tous les résidents. Encourageons les à maintenir la charmille en état le plus longtemps possible en fonction de la durée de vie des arbres.

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Sortie de la tonnelle des Charmilles

Je termine cette évocation des Charmilles sur un souvenir d’enfance. M. Guillon, dont les chansons qu’il a écrites sur Coulombs et fait chanter à ses élèves sont rappelées dans la présentation de ce site, n’hésitait pas à pousser la chansonnette en public. C’était lors d’une fête des prix si je me souviens bien et il avait interprété "Tout ça parc’ qu’au bois de Chaville", chanson en vogue du moment qui racontait les suites d’une rencontre d’amoureux.

Dans une version qu’il avait aménagée pour la circonstance, tous les refrains se terminaient sur la même phrase : "parce qu’un jour, au bois de Charmilles, y avait du muguet". Inutile de dire que l’assistance avait beaucoup ri à chaque fois qu’il prononçait "Charmilles" et qu’il avait été très applaudi à la fin de la chanson.

Merci à Mme ARBAULT qui m’a communiqué les copies des photos anciennes des Charmilles qui lui avaient été données par Mme Paul SAGE. Les copies des photos familiales prises devant les statues m’avaient été données par Mme Jacqueline TOURAILLE. La copie de la photo du Baron COCHE m’a été donnée par Mme DUPUY, sa petite fille.

R. TEMPÊTE
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