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DES PHOTOS POUR SE SOUVENIR

vendredi 29 janvier 2016, par rogertempete

DES PHOTOS POUR SE SOUVENIR

Plusieurs personnes m’ont montré des photos ou des cartes postales que j’ai pu copier et qui forment une galerie de scènes qu’on ne reverra plus à Coulombs parce que le décor a changé, que le progrès a modifié les modes de travail, les outils et les accessoires ou que les commerces et ateliers ont disparu.

LA FANFARE DE COULOMBS

À l’aube des années mil neuf cent cinquante, deux jeunes garçons ’’font de la musique’’ en compagnie de leurs ’’fans’’ devant la pompe à l’angle de la rue de la Ribordière et de la cavée de Houdan. Admirez leurs instruments...déjà issus du recyclage à l’époque.

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On joue à la fanfare

LA FAUCHEUSE

Les travaux des champs employaient de la main d’œuvre nombreuse mais il y avait bien quelques pauses pour se faire photographier.

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En cours de moisson

LA RENTRÉE DES GRAINS

Le tracteur et la remorque à pneus ont remplacé le ’’moteur à crottin’’ et le chariot aux roues en bois cerclées de fer.

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Le chariot est plein

LA BATTEUSE

Avant qu’existe la moissonneuse-batteuse automotrice, le battage du grain nécessitait plusieurs opérations : couper les blés, les mettre en gerbes, les rapporter à la ferme et les battre. On installait la locomobile qui entraînait la batteuse à grand renfort de courroies et plusieurs personnes servaient la machine. Les premiers apportaient les gerbes à battre qui alimentaient la batteuse, les seconds récupéraient les sacs de grains qu’on transportait à dos d’homme, les troisièmes s’occupaient des ballots de paille conservés pour la litière des animaux, le tout dans le bruit des machines et la poussière de la menue paille.

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Battage à Chandelles

DES ENFANTS S’AMUSENT À CHANDELLES

Ils ne sont pas tous identifiés. L’un deux était un parisien qui venait en vacances dans sa famille ou chez des amis. La photo a été prise entre 1945 et 1950.

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Des Enfants S’amusent

LA FÊTE DES PRIX

À chaque fin d’année scolaire -avant de mettre les cahiers au feu et le maître au milieu selon la chanson- la fête des prix donnait lieu à des chants et à des saynètes jouées par les élèves. Puis arrivait la distribution des prix, en général des livres, que chaque élève allait chercher auprès d’un conseiller municipal sous le regard des parents. Ceux qui avaient le prix d’excellence ou les prix d’honneur souriaient et les parents affichaient leur fierté. Pour tous ceux qui ensuite se partageaient les prix d’ensemble -et leurs parents- ce n’était pas toujours que du plaisir. La fête des prix n’a plus eu lieu à Coulombs lorsque les écoles ont été gérées dans le cadre d’un regroupement pédagogique à partir des années 1970.

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Les Patissières vers 1937

LA FORGE

La forge de M. MEERMAN était installée dans la grande rue à côté de l’église à l’angle de la rue des Remparts. C’était un spectacle dont on profitait sur le chemin de l’école. Si on martelait le fer à l’intérieur du bâtiment, d’autres travaux se faisaient à l’extérieur à même le pavé du trottoir. Je me souviens du feu allumé pour chauffer le cercle de fer à poser à la roue du chariot, de la corne du pied du cheval qui brûlait avec son odeur bien caractéristique quand on posait le fer rouge et les clous qu’on enfonçait dans le sabot de l’animal mais surtout du sang qui restait sur les pavés quand on avait coupé la queue d’un cheval.

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Le ferrage des chevaux

LE PRESSOIR ET L’ALAMBIC

Chaque automne, après le ramassage des pommes, on faisait le cidre. Un entrepreneur apportait son matériel et l’installait dans la rue devant la maison de son client. Il fallait voir les lits de pommes broyées et étalées entre deux toiles de jute qu’on entassait avant de presser pour récupérer le précieux jus destiné au cidre. L’Alambic servait à faire l’alcool de fruit qu’on buvait en principe en digestif. Tout cela n’était pas très contrôlable au niveau des taxes à payer et, de plus, l’Etat voulait lutter contre l’alcoolisme. En 1959, une loi a maintenu les droits acquis au bénéfice de ceux qui en profitaient mais a interdit leur transmission aux héritiers. Plus de cidre, on a délaissé les pommiers. Plus de bouilleur de cru, on va chercher le digestif ’’industriel’’ au super marché.

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Pressoir et alambic attirent du monde

LA FÊTE DES MAI

Dans la nuit du 30 avril au 1er Mai, les garçons célibataires du village accrochaient les Mai aux maisons où il y avait des filles en âge de se marier. Les Mai étaient faits d’une branche d’arbre, souvent de sapin, décorée de serpentins ou de rubans. Le matin, les garçons revenaient devant les maisons et les filles leur donnaient des gâteaux et des boissons. Ensuite, tous se retrouvaient pour fêter le mois de Mai qui symbolisait le printemps revenu. La photo, prise sur la place devant l’église, correspond aux jeunes filles de Coulombs tenant leur Mai dans les bras. La fête des Mai s’est perdue avant le début des années 1960.

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Fête des Mai vers 1950

LE GARDE CHAMPÊTRE

J’ai déjà consacré un article entier aux gardes champêtres à la rubrique ’’Quelques personnalités’’. N’ayant pas la certitude qu’il s’agissait d’un garde champêtre de Coulombs, je n’y avais pas joint cette photo. Elle trouve sa place ici car elle représente parfaitement ce fonctionnaire municipal tel qu’il apparaissait à la population pour faire ses annonces orales...avant le règne du téléphone portable et d’internet.

À Coulombs, on disait que le garde champêtre bastillait lorsqu’il battait le tambour et délivrait les messages officiels. Un jour, j’ai employé ce mot devant un ’’étranger’’ venant de Paris. Il n’a pas compris et m’a dit que ce n’était pas français. Et il avait raison car ce mot n’est pas dans le dictionnaire. Il s’agit d’un terme qu’on emploie localement cité dans un ouvrage intitulé Glossaire des Parlers d’Eure-et-Loir Beauce et Perche édité par la Société Archéologique d’Eure-et-Loir d’après une enquête de 1868.

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Le Garde Champêtre

LES VACHES LAITIÈRES

Il y a encore quelques bovins élevés dans les prés de Coulombs pour leur viande de boucherie. Mais les vaches laitières ont totalement disparu des étables victimes des normes d’hygiène devenues draconiennes et d’une politique agricole qui a spécialisé la production selon les régions de France dans les années 1960/1970. Le lait frais encore tiède qu’on allait chercher avec la laitière chaque matin ou chaque soir à la ferme après la traite des vaches n’est plus qu’un souvenir ainsi que les fromages fabriqués sur place à la laiterie de la rue des Remparts,

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Une vache laitière ?

LA GRANDE FERME DE CHANDELLES

J’ai découvert sur un site marchand une carte photo faisant référence à Chandelles. L’arrière plan de la photo quelque peu passée m’a aussitôt fait penser au bâtiment d’habitation de la Grande ferme de Chandelles représentée sur une carte postale. En comparant les deux documents, il n’y avait aucun doute possible et je n’ai pas hésité à acquérir cette carte photo malgré sa faible qualité. Un agrandissement de la photo avec plus de contraste donne finalement un document tout à fait intéressant. La carte photo a été envoyée le 4 septembre 1908 à destination de Gambais. Elle est postée à Paris et comporte la mention "Souvenir de Chandelles" suivie d’une signature pas totalement lisible qui ne permet pas d’identifier son expéditeur. Les personnages sur la photo sont également inconnus.

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À la Grande Ferme de Chandelles
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RETOUR DE CHASSE

C’est un retour de chasse qui correspondait à une battue aux sangliers réussie puisqu’on compte huit bêtes au tableau. La photo non datée a été prise à l’ancienne ferme FOURMY dans la Grande Rue. Compte tenu des visages des chasseurs les plus âgés que l’on reconnait et qui sont aujourd’hui disparus, la battue a du avoir lieu au plus tard en 1980 (année du décès de l’un d’eux) ou à la fin des années 1970.

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Battue aux sangliers

DÉCOR DE NOËL AU PONT DU BOURG

On connaissait le menuisier qualifié de la Fabrique de Meubles de Coulombs mais on ne savait pas qu’il avait un véritable talent d’invention. Lorsque la commune a décidé d’élaguer les platanes de l’avenue de l’abbaye et qu’il a fallu se résoudre à couper l’un d’entre eux qui était malade et dangereux, Sylvain LEMOINE a tout de suite imaginé ce qu’il pourrait faire de son tronc. Mais pour creuser une pirogue pour le décor de la fête du 14 juillet, il lui a fallu une patience admirable et de nombreux efforts pour une bien courte durée d’exposition.

C’est finalement quelques mois plus tard qu’il a eu une seconde excellente idée pour mettre en valeur ’’son œuvre’’ et animer la commune le temps des fêtes de Noël et du jour de l’An.

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Sur la rivière du Pont du Bourg à Noël 2011

LE COMICE AGRICOLE DE 1951

Environ tous les sept ans, le canton de Nogent-le-Roi organisait un comice agricole avec de nombreux stands liés à l’agriculture et au commerce : animaux, matériels, arts ménagers présentant les progrès en la matière. C’était aussi l’occasion de festivités dont un grand défilé de chars confectionnés dans chaque commune. En 1951, le char de Coulombs a eu le privilège de recevoir le premier prix. Il avait été fabriqué par Messieurs Neveu et Alleaume au moyen d’une armature en bois tendue de toile de jute recouverte de plâtre peint et représentait le portail de l’abbaye tandis que de nombreux figurants étaient déguisés en moines, moinesses, princesses et soldats moyenâgeux.

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Le char de Coulombs en 1951

Après le comice, le décor de la porte monumentale a été conservé et longtemps exposé sur la scène de la salle des fêtes jusqu’à ce qu’il soit jugé dangereux parce que le bois de sa structure commençait à être rongé par les vers et qu’il était combustible. Trop dégradé pour être restauré, il a fallu se résoudre à le détruire.

C’est vrai qu’il était magnifique le char de Coulombs pris sur cette photo dans son intégralité à l’entrée du chemin neuf à Nogent-le-Roi. La guerre était terminée depuis 6 ans d’où la présence d’une Jeep des surplus américains pour le tirer. Cette jeep doit être une pièce de collection aujourd’hui si elle a été conservée.

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Le char en entier

Le dernier comice agricole du canton a eu lieu en 1974.

AU BAR DE L’HÔTEL-RESTAURANT DU CYGNE

Même si les évangiles rappellent que Jésus a changé l’eau en vin, il n’est pas habituel de voir un prêtre faire le garçon de café. C’est pourtant l’abbé Henri MAKSUD qui était le curé desservant la paroisse de Coulombs entre les années 1952 à 1961 que l’on reconnaît au côté de M. Adrien LE GUINIO, de son épouse Denise et de Madame SOULIÉ, la mère de Denise. Ce jour là, l’abbé MAKSUD participait au banquet de l’Alliance Nogentaise qui se tenait à Coulombs à l’hôtel-restaurant du Cygne qu’exploitaient Adrien et Denise LE GUINIO.

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De gauche à droite : Adrien LE GUINIO, Henri MAKSUD, Denise LE GUINIO, Mme SOULIÉ

AU CENTRE DE COULOMBS

L’église Saint-Chéron dans la grande rue est au centre de Coulombs. Un aménagement récent en 2018 a rénové les espaces verts qui entouraient le bâtiment. Adieu, les tilleuls centenaires plantés vers 1885 sur l’ancien cimetière. Ils étaient condamnés par une maladie. Une carte postale multivue éditée au cours des années 1950 donne après agrandissement deux extraits représentant l’église vue d’avion avec des détails qui n’existent plus.

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Le chevet de l’église - vue d’avion

Cette photo du chevet de l’église permet de voir le jardin du presbytère sur lequel est aujourd’hui aménagé le parking. Le bâtiment du presbytère n’existe plus car il a été bombardé en juillet 1944. Délimité par le mur de l’ancien cimetière, l’espace autour de l’église est intégralement planté de tilleuls dans lesquels jouaient parfois les garçons du catéchisme.

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Façade de l’église - vue d’avion

Cette photo de la façade de l’église permet d’apercevoir la rue des Remparts et la suite du mur qui formait le clôture du terrain du presbytère. Sur la droite de l’église, on y voit l’autre bout du mur du cimetière qui n’existe plus depuis l’aménagement du parking et le reste des tilleuls. L’arsenal des pompiers qui existait à gauche de l’église est visible dans son intégralité ce qui n’a jamais été le cas sur les autres cartes postales connues. D’autres modifications importantes ont eu lieu. Au premier plan, devant l’arsenal, l’hôtel du Bon accueil a été démoli pour laisser place à la maison de santé pluridisciplinaire. Derrière l’église, le dépôt de bois de la fabrique de meubles n’existe plus et a été remplacé par un atelier et le parking de cette entreprise. Enfin, derrière la fabrique de meubles, des maisons ont été construites dans les jardins le long de la rue de Chandelles.

Si une personne parvient à identifier les enfants de Chandelles et le garde champêtre, je lui demande de me le faire savoir.

Roger TEMPÊTE