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AVANT, APRÈS, COULOMBS SE TRANSFORME

vendredi 11 août 2017, par rogertempete

AVANT, APRÈS, DES CHANGEMENTS À COULOMBS

L’examen des anciens documents et l’observation visuelle permettent de constater les changements intervenus dans un village. J’ai déjà abordé ce thème à plusieurs reprises dans différents articles. Je le reprends sur quelques lieux bien précis pour montrer leur évolution dans le temps car c’est ainsi que Coulombs se construit ou se reconstruit.

Volontairement, sauf pour quelques modifications dans la grande rue, je me suis arrêté aux années 1960-1970 en faisant abstraction du développement rapide que la commune a connu après la fin des années 1960 avec tous les nouveaux lotissements à Coulombs comme à Chandelles, le silo agricole et les écoles du plateau qui ont modifié sa physionomie en doublant sa population.

DE L’ENTRÉE À COULOMBS JUSQU’À LA RUE DES REMPARTS

Venant de Nogent-le-Roi et Lormaye, on entre dans Coulombs en franchissant le pont sur la rivière d’Auge qui précède l’ancienne ligne de chemin de fer. La première modification se situe au niveau du pont seulement visible à droite puisque sur la gauche, la rivière a été recouverte pour faciliter l’installation de la station service. Les rails et les barrières du passage à niveau ont disparu (voir l’article quand le train passait à Coulombs à la rubrique souvenirs d’autrefois).

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Le pont sur la rivière d’Auge et le passage à niveau n° 33
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La même vue en avril 2017

Au delà du passage à niveau, des lavoirs visibles du pont sur l’Eure ont été démolis (voir l’article sur les lavoirs à la rubrique patrimoine). Sous l’allée des platanes, des arbres ont déjà du être abattus en raison de leur mauvais état et de leur dangerosité. Les autres ont été élagués pour la première fois fin 1979 ou début 1980 puis plus récemment en 2010 ce qui a conduit à couper un platane creux.

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Élagage des platanes en février 2010

Avant d’arriver au porche de l’abbaye, on distingue dans une propriété quatre ogives de l’ancien cloître dont la majeure partie a été transférée à Lèves. Une carte postale au début des années 1900 montre un prolongement du bâtiment, une fenêtre ferme une ogive et les lucarnes sur le toit sont ovales.

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Ogives du cloître vers 1900

Le prolongement n’existe plus dès les années 1950, la fenêtre a été démolie et les lucarnes sont désormais rectangulaires.

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Ogives du cloître en 2017

L’abbaye est réduite à quelques vestiges dès le début du 19ème siècle. Leur récente restauration a quelque peu modifié leur apparence par un changement de couleur des enduits qui a chagriné quelques personnes.

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L’abbaye au début du vingtième siècle

Il est vrai que lorsqu’on a vu pendant soixante ans un enduit rose, il faut s’habituer à un enduit blanc qui, selon l’architecte des bâtiments de France, était celui d’origine dont des traces ont été découvertes lors des travaux.

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L’abbaye en 2016

Après le premier virage, les immeubles visibles à gauche de la carte postale présentent un alignement des façades. Regardez-bien un enfant assis sur le rebord d’une fenêtre et d’autres personnes à chaque ouverture.

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Dans l’avenue de l’abbaye

Or, sur la photo ci-dessous prise à peu près au même endroit, la portion de l’immeuble visible au milieu a été démolie pour laisser place à un jardinet. La raison de cette modification est ignorée. Le haut de la maison au premier plan montre aussi des différences au niveau de la terrasse de la tour et des lucarnes sur la toiture. A l’extrême droite, au fond de la rue, la porte d’entrée de la villa des platanes a été modifiée.

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Au même endroit en 2016

La villa Yvonne s’élevait sur la place de la mairie face à la Grande Rue. Elle avait été construite après le morcellement du domaine de l’abbaye intervenu autour de 1870. En juillet 1944, cette maison a été gravement endommagée par le bombardement qui a également détruit la mairie-école construite à proximité et toutes les deux ont du être démolies.

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Villa Yvonne place de la Mairie

La superficie du parc de cette maison permettait d’y reconstruire une mairie-école plus spacieuse d’où l’achat de cette propriété par la commune. Ainsi, on peut dire que Marianne a pris la place d’Yvonne. Il n’y a plus que la grille pour reconnaître les lieux (et le bâtiment annexe sur la droite en entrant dans le parc).

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La nouvelle mairie en 1951

Un regard sur le virage de la grande rue au premier plan des cartes postales permet de constater quelques modifications. Il y a sur la droite la mairie-école construite en 1870. L’entrée de la villa des Platanes n’est pas celle que nous connaissons aujourd’hui. Le mur de clôture juste avant la porte d’entrée est aveugle. Une pompe est installée à proximité de l’entrée

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Place de la Mairie

L’accès de la propriété sur la droite a été modifié en 1911 (voir la rubrique Patrimoine) lors de l’implantation de la magnifique porte située auparavant à Nogent-le-Roi. Une pompe est toujours là mais elle a été déplacée donc il a sans doute fallu creuser un nouveau puits. Une extension de la maison et une fenêtre apparaissent à la place du mur aveugle. La maison sur la gauche reste identique sur les deux cartes postales. Le réseau électrique s’est amélioré et une lampe de l’éclairage public est fixée sur un poteau en bois

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Regard sur la Grande Rue

Sur cette photo, la maison à gauche a été remaniée. La porte et la fenêtre au rez de chaussée ont été inversées, la lucarne sur le toit n’a plus la même forme. Un poteau en ciment armé a remplacé le poteau en bois. Si vous regardez vers l’horizon, le haut du coteau est complètement dégagé.

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Autre vue sur la Grande Rue

Cette autre photo apporte encore quelques modifications qui permettent de la dater. Au premier plan, à droite du poteau électrique, on remarque une borne fontaine. Elle a été mise en place avec d’autres quand l’eau courante a été installée à Coulombs vers 1937. Tandis que sur le haut du coteau, une maison importante a été construite avant la guerre de 1939-1945.

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Une maison sur le coteau

Et la place de la mairie aujourd’hui sans l’école de 1870 bombardée... mais avec des automobiles. Sur la toiture de la maison à gauche, une fenêtre de toit a remplacé la lucarne. L’enfouissement des réseaux a supprimé les fils électriques. Il ne reste qu’un pylône supportant les lanternes de l’éclairage public. La borne fontaine a fait place à un poteau incendie. Sur le coteau, la maison s’est agrandie sur la gauche.

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La Place de la Mairie en 2016

La villa des Platanes a également subi des modifications autres que celle de la porte d’entrée. Cette carte postale prise à l’intérieur de la cour montre une magnifique maison avec de beaux décors à base de poteries.

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Villa des Platanes

Cette villa a aussi été endommagée par le bombardement de juillet 1944. La partie située à l’extrême droite ainsi que les lucarnes de toit n’ont pas été reconstruites. Il est vraisemblable qu’il existait un autre bâtiment dans la cour également détruit. Une maison neuve a été construite après la guerre à cet emplacement. Une partie des décors n’a pas résisté au temps ainsi que le montre la photo prise du terrain communal.

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Vue partielle de la villa en 2016

La suite de la grande rue jusqu’à l’église n’a pas subi de modification profonde. Mais, comme dans la plupart des villages, les commerces de proximité ont disparu. Ainsi à Coulombs, le charcutier puis le boulanger n’ont pas trouvé à vendre leur commerce et l’ont purement et simplement fermé. Le charron avait déserté sa boutique avant 1939 et le grainetier a fermé la sienne autour des années 1960. Le forgeron installé à coté de l’église a construit dans la rue des Remparts un nouvel atelier. Toutes ces maisons sont devenues uniquement des habitations et quelques façades ont été modifiées, des fenêtres ayant remplacé l’entrée et la devanture des boutiques.

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Les anciens commerces ou artisans

DE L’ÉGLISE AU CARREFOUR DU CYGNE

La portion de rue entre l’église et le pont du Bourg a connu quelques transformations plus ou moins importantes.

L’hôtel du bon accueil était un ancien commerce de Coulombs installé dans une maison avec une ossature en bois recouverte d’enduit dont une partie avançait sur le trottoir.

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Une façade qui avance sur le trottoir de droite

Un nouveau propriétaire l’a fait mettre à l’alignement pour améliorer la circulation et la sécurité des piétons devant son établissement. La modification a déséquilibré l’harmonie des toitures et la maison a perdu une partie de son charme avec une façade bien quelconque. Cette maison a finalement été détruite en avril 2010 pour laisser place à la maison de santé pluridisciplinaire.

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Avant la démolition de la façade

Juste avant l’acquisition de l’hôtel par la commune, un particulier a voulu l’acheter et le transformer en appartements. L’architecte des bâtiments de France a donné un avis défavorable au permis de construire présenté car il était opposé à la suppression des vitrines du commerce et le particulier a renoncé à son projet. Quelques mois plus tard, le même architecte autorisait la démolition totale de l’immeuble...donc de ses vitrines à conserver...Néanmoins, il faut être objectif, l’immeuble construit a remplacé avantageusement l’ancien hôtel.

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La Maison de Santé Pluridisciplinaire

À côté de l’hôtel, une maison dont on voit un vestige sur une photo existait. Ce mur qui formait une clôture haute a été remplacé par un mur bas surmonté d’une grille lors de la construction d’une maison d’habitation sur la parcelle.

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Trace d’une maison démolie en arrière plan

En face, un bâtiment a été construit par la commune sur l’ancien cimetière auprès de l’église en 1888 pour servir d’arsenal aux pompiers. Devenu trop exigu, ce bâtiment a été détruit vers 1980 lorsque l’arsenal a été transféré rue de Chandelles (voir l’article sur les pompiers de Coulombs). Je n’ai pas trouvé de photo permettant de le découvrir dans son intégralité.

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L’arsenal à côté de l’église

Entre le pont du bourg et le carrefour du Cygne, d’autres modifications sont intervenues, certaines d’importances, d’autres plus limitées à une modernisation des maisons ou des vitrines.

Après la fermeture des boutiques d’un cordonnier (COURONNE) et d’un bourrelier (MOISAN), l’immeuble qui les abritait a été transformé en une maison d’habitation à nouveau transformée en commerce (une crêperie) durant quelques années et aujourd’hui remise en habitation. En face, le magasin longtemps tenu par la plomberie MERILLON après avoir été un café, s’est maintenu avec une succession de commerces différents avant d’accueillir une coiffeuse.

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La grande rue et le coteau

La modification la plus spectaculaire de ce secteur a été la surélévation de l’hôtel du Cygne sans démontage de la charpente. Les curieux entourages en briques des fenêtres et de la porte d’entrée du bar ont fait place à une vitrine panoramique.

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L’hôtel du Cygne
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L’hôtel du Cygne en 2017

En face, un garage s’est installé dans une ancienne ferme et, pour pouvoir stationner quelques véhicules et faciliter l’entrée dans la cour, un bâtiment a été démoli partiellement en bordure de rue.

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La Grande Rue

La même opération a été faite ensuite par la commune pour élargir le trottoir devant l’école qui se trouvait en grande rue et faciliter la montée dans le car de ramassage scolaire qui s’y arrêtait (entrée actuelle de la salle de réunion, de la bibliothèque et du club de billard). Un bâtiment ancien et un portail quelconque ont fait place à une grille encadrée par deux bâtiments symétriques mettant en valeur la Maison de l’Hospice qui date de 1781.

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La Grande Rue en 2017

La carte du Carrefour du cygne permet de constater une modification amusante sur environ un siècle.Regardez bien cette carte et comparez la avec les précédentes qui donnent sur la maison se trouvant entre la rue de Paris et la rue de la cavée de Houdan. Sur cette carte, il y a une maison derrière le réverbère. Sur la carte de l’hôtel du Cygne avant sa transformation, cette maison a été démolie et il n’y a plus que sa base qui sert de mur. Sur la photo d’aujourd’hui, la maison a été "rebâtie" mais dans des proportions moins importantes avec un toit plus bas.

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Carrefour du Cygne

LES AUTRES RUES DE COULOMBS

La Rue des Remparts n’a pas été à l’abri des bombardements de juillet 1944. Si l’église a perdu ses vitraux, le presbytère contigu ainsi que la villa des Roses située à coté du presbytère ont été détruits. Je n’ai jamais vu une photo de la villa des Roses telle qu’elle était avant sa destruction et la photo ci-dessous ne permet que de distinguer le pignon d’une construction. Les plans du presbytère conservés en mairie donnent une idée de ce bâtiment (voir l’article sur les maires du dix-neuvième siècle). Il existe une photo prise dans la cour de cet immeuble un jour de communion. La photo donne sur la rue des Remparts à l’emplacement du parking Place du Souvenir Été 1944.

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Dans la cour du Presbytère

Un détail est visible sur cette photo. Il s’agit d’un transformateur électrique surmonté d’un cadre grillagé qui existait encore il y a quelques années et qui a été démonté lors de l’enfouissement des réseaux et l’implantation d’un nouveau transformateur en dehors de la voie publique. Si je parle de ce petit détail, c’est qu’il a été à l’origine d’une anecdote sans doute oubliée. C’était dans les années 1950. La fiabilité du réseau électrique n’était pas celle que nous connaissons aujourd’hui. On était habitué à des pannes fréquentes pouvant durer toute une soirée obligeant toute la population à aller se coucher de bonne heure. Ce jour là, le courant a été subitement coupé juste après le repas à l’heure où l’on écoutait à la radio les émissions du soir. Le courant n’a pas été rétabli rapidement. Il a fallu attendre le lendemain matin pour connaître les raisons de cette panne. Un malheureux chat s’était aventuré dans le transformateur et y avait laissé la vie, électrocuté. Je suis allé à la sortie de l’école, comme beaucoup de mes camarades, voir la dépouille de ce pauvre matou dont la fourrure était toute grillée.

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La villa des Roses et l’entrée de la Place du Souvenir Été 1944

La photo des lieux aujourd’hui permet de distinguer la villa des Roses reconstruite après les bombardements de 1944 et l’entrée du parking qui a été crée à l’emplacement du presbytère. A cet effet, un haut mur qui fermait le terrain du presbytère a été démoli ce qui a ouvert une perspective sur le chevet de l’église.

Avec le quartier de la mairie, la Rue de Chandelles est l’endroit qui a eu le plus à souffrir des bombardements de 1944. Seules, les cartes postales permettent d’imaginer ce qu’était cette rue bordée de bâtiments agricoles pour la plupart.

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En allant vers Chandelles
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En venant de Chandelles

Quelques tristes images de désolation prises après le bombardement sans oublier que quatre personnes y ont perdu la vie.

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Maison JULLIEN
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Ferme BESLAY

La Rue de Chandelles en 2017. La vie a continué et on a reconstruit les maisons sinistrées.

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En allant vers Chandelles
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En venant de Chandelles

Le Carrefour de la Rue de la Ribordière et de la Cavée de Houdan a fait l’objet de plusieurs cartes postales. Sur la première qui date du tout début 1900, on voit à droite dans la cavée de Houdan (la mention cavée de Paris sur la carte est une erreur) une chaumière qui n’existe plus. On constate qu’on faisait sécher le linge dans la rue de la Ribordière et il y a de grands peupliers visibles sur la gauche.

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Vers 1900

Sur la seconde carte, une maison a été construite (en 1909) dans la rue de la Ribordière sur la gauche et les peupliers ont manifestement été coupés. La carte permet d’admirer une vieille pompe à l’entrée de la rue, pompe dont j’ai regretté la destruction même si elle n’avait plus d’utilité. Est-ce un maraicher ou un vendeur de paniers qui circule avec sa charrette ?

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Vers 1910

Sur la troisième, la chaumière n’existe plus dans la Cavée de Houdan mais une nouvelle maison a été construite perpendiculairement à la rue. On aperçoit à nouveau le squelette de deux peupliers rue de la Ribordière (la photo a du être prise en hiver). Ceux là, je les ai connus car ils ont été abattus vers 1960. Aujourd’hui, une maison a pris leur place.

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vers 1935

J’arrête là cette promenade dans Coulombs qui m’a permis de présenter d’anciennes cartes postales. Je n’ai rien de particulier à montrer sur le hameau de Chandelles. Il existe de belles cartes mais il s’agit plus de vues générales qui ne permettent pas d’y voir des détails ou qui présentent des thèmes champêtres sans construction. Les deux bourgs anciens ont évolué mais leur bâti n’a pas énormément changé (sauf les parties bombardées en 1944 sur Coulombs). Tout au plus, on peut déplorer certaines maisons spacieuses qui ont été divisées en appartements et quelques beaux parcs morcelés pour permettre des nouvelles constructions.

Roger TEMPÊTE