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QUI ES-TU SOLDAT JACQUIN (JUCQUIN) ?

dimanche 25 janvier 2015, par rogertempete

QUI ES-TU SOLDAT JACQUIN (JUCQUIN) ?

Le monument aux morts de Coulombs comporte les 33 noms des soldats disparus lors de la guerre 1914-1918. Il s’agissait des hommes qui habitaient Coulombs au moment de la déclaration de guerre. La preuve est faite que d’autres enfants de Coulombs sont décédés à la guerre sans aucune mention au monument aux morts.

Ainsi, il y a quelques années, M. Charles BOELPAEP, un habitant d’Erbisoeul en Belgique, enquêtait sur un soldat français inhumé dans sa commune loin des champs de bataille. Sur la tombe était inscrit ‘’ ici repose le corps de julien JACQUIN, soldat français, 101è régiment d’infanterie, mort pour sa patrie le 2 octobre 1914 ‘’.

Il se lançait alors dans de patientes mais longues recherches. Le curé de la paroisse avait établi en 1914 un acte où M. BOELPAEP pouvait lire : ‘’ en l’an de notre seigneur 1914, en ce jour 2 octobre, a été inhumé en terre sainte le soldat français nommé Julien JACQUIN - plaque n° 844 – Chartres - 101è de ligne – 3è Comp – Dreux - Eure-et-Loir - né le 23 nov 1891 à Colomier - canton de Nogent le Roi – Eure-et-Loir – résidant à Vic les Chartres – canton de Chartres-sud – Eure-et-Loir – fils d’Armand Isidore et de Guerit Adrienne Amélie. Les Allemands ont élevé sur sa tombe une croix avec l’inscription : il est mort pour sa patrie – Repose doux ‘’.

Il ne restait plus à M. BOELPAEP qu’à écrire et venir en France pour obtenir les copies ou consulter les registres d’état civil et les archives militaires. Il n’était pas au bout de ses surprises. Le soldat ne s’appelait pas JACQUIN mais JUCQUIN. Il n’était pas né à Colomier mais à Coulombs et il ne résidait pas à Vic lez Chartres mais à Ver-les-Chartres.

Selon l’état signalétique et des services militaires, Julien JUCQUIN mesurait 1,64 mètre, avait les cheveux blond foncé et les yeux clairs. Sa profession était charretier et il habitait en 1914 à Ver-les-Chartres. Il a été incorporé à compter du 9 octobre 1912, est parti aux armées le 7 août 1914. Il est noté disparu le 2 octobre 1914 vers Lancourt ( Somme ), prisonnier de guerre le 2 octobre 1914, décédé le 2 octobre 1914 en captivité dans le train de blessés n°3/8 de Chelm à Erbisaul Brulotte des suites de ses blessures.

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Armand JUCQUIN, le père de Julien est né à Coulombs en 1859. Il a un frère Victor né à Coulombs en 1862. Armand se marie à Adrienne GIROUT née à Yèvres en 1861. De cette union, trois enfants sont nés à Coulombs : Marie en 1890, Julien en 1891 et Armand en 1893. Le père de Julien était garde moulin à Coulombs qu’il quitte pour effectuer les mêmes fonctions à Ver-les-Chartres au moulin de Tachainville à Loché où il se trouve en 1896, date de naissance de Isidore. Trois enfants naîtront encore à Ver-les-Chartres : Camille en 1898, Anastasie en 1899 et Gabriel en 1903. Il apparaît comme meunier dans l’acte de décès de sa femme en 1913. Le père de Julien reste à Ver-les-Chartres au moins jusqu’en 1920. Il habitait alors au moulin de la Fosse à Loché qu’il doit posséder puisqu’il le vend aux enchères en même temps qu’une maison à Yèvres, commune d’origine de sa femme. En plus de sa femme décédée le 27 octobre, son fils Armand décède le 21 novembre 1913, puis ce sera Julien en 1914. Le nom de Julien JUCQUIN figure au monument aux morts de la commune de Ver-les-Chartres.

L’histoire du 101è régiment d’infanterie de Dreux est connue grâce au carnet d’un de ses fantassins. Les soldats ont quitté Dreux le 2 août 1914 pour se rendre à Reims le 8 août puis ils montent à pied à la frontière belge où les premiers combats se déroulent à Ethe dès le 22 août. C’est le repli ponctué de combats jusqu’au 3 septembre à Sainte Ménéhould où ils prennent un train qui les conduit à Noisy-le-Sec à proximité de Paris pour repartir en direction de Nanteuil dans l’Oise. Dès le 8 septembre, le régiment est au contact de l’ennemi au sud de Nanteuil puis remonte au nord en combattant dans la région de Crépy-en-Valois et de Compiègne jusqu’au 17 septembre. Après 3 jours de repos, le régiment reprend les combats au nord de Compiègne dans la Somme. Du 24 septembre au 2 Octobre 1914, le régiment va participer à des combats incessants dans les environs de Lancourt où les positions occupées, perdues puis regagnées vont être le quotidien de Julien JUCQUIN avant qu’il soit blessé. Ainsi, se reconstitue l’itinéraire de ce soldat français fait prisonnier, évacué à l’arrière du front allemand, décédé durant le transport et inhumé en Belgique.

En 1914, Julien JUCQUIN avait une cousine germaine à Coulombs : Marie-Louise, fille de son oncle Victor. Marie-Louise s’est mariée à Coulombs avec Emile MAUFRAIS. Aujourd’hui, leur petit fils Michel MAUFRAIS représente encore à Coulombs cette branche de la famille de Julien JUCQUIN.

Roger TEMPÊTE - texte écrit d’après la notice de M. BOELPAEP d’où provient la page jointe.