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UN VITRAIL OUBLIÉ

dimanche 25 janvier 2015, par rogertempete

UN VITRAIL OUBLIÉ

Lors du bombardement du 18 juillet 1944, plusieurs maisons du centre de Coulombs ont été détruites ou soufflées. Le souffle de la bombe qui a touché la villa des Roses située rue des Remparts a gravement endommagé le presbytère qui ne sera pas reconstruit et a fait voler en éclat les vitraux de l’église installés au dix-neuvième siècle par l’abbé Gatineau.

Pour mettre hors d’eau l’église, les fenêtres ont reçu du verre ordinaire dépoli. Rapidement, les paroissiens ont souhaité au moins un vitrail qu’ils ont décidé de financer et d’installer à la fenêtre du chœur au dessus de l’autel.

En 1947, l’entreprise Vitraux d’art Bernard Campin propose un devis à l’abbé Barbaste s’élevant à 51 045 francs pour la fourniture et pose d’un vitrail représentant l’apparition du Sacré Cœur à Ste Marguerite Marie. C’est ce vitrail que j’ai contemplé durant ma jeunesse et devant lequel je me suis agenouillé lors de ma communion solennelle comme tous les enfants de ma génération.

En juillet 1961, la commune indemnisée au titre des dommages de guerre a rétabli l’ensemble des vitraux venant des ateliers Cot Dezande de Maintenon qu’on peut admirer aujourd’hui dans l’église. Le vitrail ’’ provisoire ’’ a été déposé et a été ’’ oublié ’’ dans des caisses rangées sous la charpente au dessus de la chapelle des fonts baptismaux jusqu’en 1997. Les travaux entrepris cette année là sur la toiture a nécessité de sortir les caisses qui ont été apportées dans le sous-sol de la mairie où elles pouvaient être mieux conservées.

Néanmoins, cette situation me navrait et j’ai pensé que ce vitrail pouvait sans doute être restauré et réimplanté comme un élément de décor dans l’église. Avec l’accord du Maire, Michel Lesimple, j’ai demandé un devis aux ateliers Loire et préparé un dossier pour solliciter une subvention sur l’enveloppe parlementaire du Sénateur Gérard Cornu qui a bien voulu accepter cette demande en 2007. La subvention accordée a permis d’effectuer les travaux de restauration en 2008, Il fallait encore réaliser un cadre en bois et déterminer son emplacement. Avec regret, je constate que six ans plus tard le vitrail n’a pas été installé dans l’église.

Puisse mon propos faire sortir ce vitrail oublié !

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Madame B. Sayette qui faisait, en 1979, une étude sur les vitraux de l’atelier Bernard Campin d’après les cartons du dessinateur Henry Morin a recensé 77 vitraux dans 27 églises en Eure-et-Loir - dont Coulombs - et une dans les Yvelines. Elle a communiqué aux mairies concernées les renseignements sur ces deux artistes.

Le cartonnier Henry Morin ( 1873-1961 )

Après une formation aux beaux-arts à Paris , Henry Morin devient illustrateur de livres pour enfants. En 1923, il dessine les cartons de la chapelle Jeanne d’Arc de la cathédrale du Mans, les vitraux seront réalisés par le maître verrier Albert Echivard.

A partir de ce moment, Henry Morin devient cartonnier pour plusieurs maîtres verriers, en parallèle avec son métier d’illustrateur réputé.
Il aime ces dessins religieux qui lui permettent d’exprimer sa profonde spiritualité.

Le maître verrier Bernard Campin ( 1911-1963 )

Bernard Campin fait son apprentissage chez le maître verrier Albert Echivard, au Mans. C’est là qu’il fera la connaissance d’Henri Morin.
Il travaille à l’atelier Lorin à Chartres de 1931 à 1936.

En 1937, il s’installe comme maître verrier à son compte à Evreux, puis dès le début de la seconde guerre mondiale revient à Chartres. Son atelier est actif de 1937 à 1955. De gros problèmes de santé le contraignent à cesser peu à peu son activité.

Pour toutes ses créations de vitraux religieux, il utilisera des maquettes et des cartons dessinés par Henry Morin.

Roger TEMPÊTE