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LES CIMETIÈRES À COULOMBS

dimanche 25 janvier 2015, par rogertempete

LES CIMETIÈRES À COULOMBS

Il y a eu au moins trois cimetières à Coulombs.

Le premier devait s’étendre autour des deux églises de l’abbaye. La première église romane était partagée entre les moines et la paroisse entre l’an 1000 et l’année 1530, date de la consécration de la nouvelle église de l’abbaye.

A compter de cette date, l’église romane ne servit plus qu’à la paroisse mais l’on continua d’enterrer les habitants sur le site de l’abbaye jusqu’en 1701. Le registre des actes de baptêmes, de mariages et d’inhumations indique que ’’ le vendredi 15 janvier 1694, la croix de pierre fut plantée dans le cimetière par les soins de Guillaume Le Moyne.

Les moines ont également du être inhumés à cet endroit jusqu’à la fermeture de l’abbaye en 1790.

Ce cimetière est attesté par les ossements qu’on trouve lors de travaux, ce qui a été le cas lors de l’installation de la station de refoulement des eaux usées sur la place de la mairie.

Le second cimetière a été établi autour de l’église Saint-Chéron consacrée en 1701 et son espace peu important était compris entre la grande rue et le presbytère situé sur l’actuel parking.

Un plan a été dessiné après sa suppression pour l’alignement de la rue et l’on constate que le cimetière entourait quasiment l’église. C’est ce qui justifie les portes de chaque côté dans les murs de la nef de l’église Saint Chéron dont une est murée et se devine par la présence d’un encadrement et l’autre en face a été dégagée lors des travaux de ravalement des murs dans les années 1970. Ainsi lors des enterrements, le corps entrait dans l’église par la porte principale puis restait en ’’ terre sainte ’’ en sortant par les portes latérales appelées ’’ porte d’éternité ’’.

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Le plan de l’ancien cimetière autour de l’église Saint-Chéron

Ce cimetière doit connaître quelques transformations notamment un agrandissement en 1841 par reprise d’une partie du jardin du presbytère. Il est vraisemblable que le fragment de mur derrière l’église qui fait la limite du parking correspond à un vestige soit du cimetière primitif soit du mur de clôture après cet agrandissement.

Au dix-neuvième siècle, les progrès de la science ont démontré le lien néfaste de la décomposition des corps sur l’eau des puits des habitations situées à proximité. C’est au titre de la salubrité publique et à la demande du sous-Préfet que le 14 mai 1854 le conseil municipal délibère sur le projet de translation du cimetière et la recherche de terrains.

La route d’Epernon venait d’être ouverte et offre une opportunité. Le 16 octobre 1854, sont convoqués Guiard père et Lecomte François comme propriétaire des terrains désirés pour l’emplacement du cimetière. Le 1er novembre 1854, le conseil donne son accord définitif à la translation du cimetière.

Le 20 février 1855, M. Brière est invité à dresser les plans du cimetière et à établir un devis. le 22 avril 1855, le conseil examine le plan des terrains à acquérir et estime la dépense à 6000 francs mais refuse de voter l’imposition extraordinaire.

En réponse à une enquête du sous-Préfet, le maire indique que le cimetière actuel à une superficie de 7 a 67 ca, que le nombre des décès est de 186 depuis 10 ans et que la commune compte 782 habitants. L’exiguïté de l’ancien cimetière ne permet pas d’accorder des concessions aussi une pétition est faite en novembre 1856. Le 10 mai 1857, le conseil vote une imposition extraordinaire pour la translation du cimetière et décide de maintenir dans son état actuel l’ancien cimetière.
Le 9 février 1858, le sous-préfet est avisé que les actes de vente des terrains au profit de la commune et le cahier des charges pour la construction des murs du cimetière sont établis.

Le 8 mai 1859, le conseil détermine les superficies destinées à chaque type de concessions dans le futur cimetière et vote le tarif applicable. Le 17 juillet 1859, le conseil adopte le règlement du cimetière qui reprend les surfaces et les prix des concessions et prévoit que les concessions peuvent comporter des monuments soumis à l’approbation du maire et que chaque concession perpétuelle ou trentenaire devra être entourée d’une grille en bois ou en fer.

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La plaque d’inauguration en 1859

Enfin, le cimetière est inauguré le 15 août 1859. Nous sommes sous l’Empire et le catholicisme est la religion de l’Etat. Le registre des délibérations du conseil municipal contient le procès verbal de la bénédiction du cimetière.

’’ L’an mil huit cent cinquante neuf le quinze Août à trois heures du soir, en présence de MM. Lhomme François, maire de la commune, Ballé, juge de paix de Nogent-le-Roi, Rougemont Cosme, adjoint, Balagny Florent, Duchesne Louis, Chapet Auguste, Lemoine Simon, Massard Etienne, Loison Jacques et Harang François, conseillers municipaux, Percheron Belle, sous lieutenant des sapeurs pompiers à la tête de sa compagnie, Rousseau Jacques, instituteur secrétaire de la mairie et la grande majorité de la population, M. Leproust, curé de la commune a fait la bénédiction du nouveau cimetière.

Le cortège, parti processionnellement de l’église, s’est rendu en ordre au nouveau cimetière, et après les cérémonies d’usage, M. le Curé adresse à l’assistance une allocution toute de circonstance et parfaitement sentie sur la cérémonie du moment.

La bénédiction terminée et dans le même ordre, le cortège est retourné à l’église où le Te Dum d’actions de grâces a été chanté en l’honneur de la fête de l’Empereur. ’’

Une plaque commémorative de cette inauguration a été scellée sur le mur du haut du cimetière.

Grâce à une délibération du conseil municipal en date du 7 novembre 1869, nous savons que le calvaire implanté à la croisée des allées principales du cimetière résulte d’un don : ’’ M. Coche a donné à la commune une colonne en pierre provenant des restes de l’ancienne abbaye, pour édifier un calvaire au milieu du cimetière en manifestant le désir qu’après sa mort son corps soit inhumé au pied dudit calvaire, que conformément à son désir le corps de M. Coche a été inhumé au pied de la colonne et que sa famille a fait entourer le calvaire d’une chaîne en fer fixée à des pierres taillées posées verticalement sur le sol, que cette ceinture de pierres est d’un bon effet et contribue à l’ornementation du cimetière ’’. Le conseil accorde à l’unanimité une concession sous ce monument.

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Le calvaire offert par M. COCHE

Quelques années plus tard, alors qu’il n’y a plus d’inhumation dans l’ancien cimetière autour de l’église depuis 1859, que les familles ont relevé les restes de leurs parents au fur et à mesure des nouvelles inhumations, se pose la question de son devenir. Le 13 mai 1877, le conseil municipal est d’avis que l’emplacement de l’ancien cimetière soit converti en place publique.

Une enquête publique est ouverte le 18 juin 1877. Le Curé demande que soit maintenue l’allée exclusivement réservée aux processions et sollicite le retour au presbytère de la portion de terrain qu’il avait bien voulu abandonner pour l’agrandissement du cimetière en 1841. Une seconde observation des habitants qui souhaitent que le cimetière soit laissé en l’état comporte 68 signatures. Mais une pétition est signée par 22 personnes qui soutiennent la disparition du cimetière

Le Conseil municipal tranche avec difficulté le 5 juillet 1877 par un vote secret pour la conversion en place publique qui obtient 4 oui, 4 non, 1 bulletin blanc. Le président ayant voix prépondérante a déclaré avoir voté oui. Il est décidé qu’il sera donné satisfaction à M. le curé pour le maintien d’une allée de deux mètres afin de faciliter les cérémonies extérieures.

Quelques années passent encore avant que l’aménagement de la place se réalise. Le 8 novembre 1885, le Maire expose ’’ que l’ancien cimetière entourant l’église ne sert plus aux sépultures depuis 28 ans, qu’il serait convenable, tout en conservant les murs de clôture, de fouiller le terrain à la profondeur de deux mètres, de transporter les ossements et les croix ou autres monuments funéraires dans le cimetière actuel et de planter l’emplacement dudit cimetière en tilleuls ’’ ce qui est accepté par le conseil municipal.

Une nouvelle enquête publique se déroule qui ne donne lieu à aucune observation.

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Tombe de l’abbé LEPROUST

L’unique cimetière de la route d’Epernon se remplit rapidement puisque dès 1905, le conseil municipal engage son agrandissement dans la configuration que nous lui connaissons aujourd’hui. Une délibération du 9 septembre 1905 demande la déclaration d’utilité publique pour l’achat des terrains et précise : ’’ M. le Maire est entré en pourparlers avec deux propriétaires avoisinants MM. Massard Albert et Lecomte Léon , cultivateurs en cette commune. Ces messieurs ne veulent céder le terrain leur appartenant qu’à des prix excessifs soit quarante francs l’are ’’.

Ce n’est que le 11 août 1907 qu’une nouvelle délibération traite de l’examen du plan d’agrandissement ainsi que de la promesse de vente de MM. Massard et Lecomte, propriétaires des terrains. Le 17 novembre 1907, le conseil souscrit un emprunt de 4300 francs au taux de 4 % auprès d’un particulier, M. Harang Jules, Le 9 février 1908, des conseillers municipaux sont désignés pour l’adjudication des travaux dans le cimetière. Il n’y a plus de délibérations spécifiques sur l’agrandissement du cimetière qui a du se réaliser au cours de cette année 1908.

Après la grande guerre, toutes les communes se dotent d’un monument aux morts.

Le 10 août 1919, le conseil municipal décide l’érection d’un monument dans le cimetière pour honorer la mémoire des 32 mobilisés de la commune morts pour la France qui sera financé par la commune et par une souscription publique. Trois listes de donateurs sont publiées dans le journal l’Action Républicaine les 23 août, 30 août et 13 septembre 1919 pour un total de 5895,50 francs.

L’inauguration du monument aux morts a lieu le 11 novembre 1921 à 10 heures en présence de M. Beurdeley, sous-préfet de Dreux, de M. Viollette, Président du conseil général, des personnalités du canton et de la population de Coulombs. L’Action Républicaine du 23 novembre 1921 relate cette inauguration : ’’ le monument a été élevé sur les plans de M. Pfeiffer, architecte à Dreux. C’est une simple pyramide reposant sur un large soubassement surmontée d’un casque de poilu, agrémenté de la croix de guerre et de la fourragère ’’. Puis, l’article relate les discours suivis de l’appel aux morts.

Le 27 novembre 1921, le conseil municipal vote un crédit de 800 francs pour l’achat de la palme en bronze et de 820 francs pour les dépenses de l’inauguration du monument aux morts à prendre sur le crédit du déplacement du caveau provisoire. Le 30 janvier 1922, les dernières dépenses relatives au monument, honoraires de l’architecte et fondations réalisées par le maçon, sont acceptées par le conseil.

La délibération du 27 novembre laisse penser qu’il a été prévu le déplacement du caveau provisoire après l’agrandissement du cimetière mais que les travaux de construction du nouveau caveau n’étaient pas encore réalisés.

Il faut noter que le monument aux morts a par la suite perdu le casque qui le surmontait. La pierre s’est effritée et a été retaillée sous forme d’une simple pointe.

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Le monument aux morts

Depuis l’érection du monument aux morts, le cimetière n’a plus subi de profondes transformations. Seul le carré dit des fosses communes a été affecté aux concessions et il a bien été reconstruit un caveau provisoire.

Enfin, le conseil municipal a décidé d’ériger un colombarium et un jardin du souvenir pour faire face aux demandes des familles dont le défunt avait souhaité être incinéré. Ces travaux ont été réalisés par les employés communaux en 1999.

Mais à nouveau, la place risque de manquer dans le cimetière. Toutefois, les conseils municipaux ont été prévoyants et tous les terrains situés entre le cimetière et la route d’Epernon ont pu être achetés par la commune ce qui permettra , le moment venu, un agrandissement sans difficulté.

Roger TEMPÊTE