Autour de l’abbaye

Accueil > QUELQUES PERSONNALITÉS LOCALES > LES GARDES CHAMPÊTRES DE COULOMBS

LES GARDES CHAMPÊTRES DE COULOMBS

dimanche 25 janvier 2015, par rogertempete

LES GARDES CHAMPÊTRES DE COULOMBS

L’Assemblée Nationale avait décrété une loi concernant les biens et usages ruraux et la police municipale qui porte la date du 6 octobre 1791. Sa septième section comprend 8 articles sur les gardes champêtres.

Elle a du être difficile à appliquer puisque la rémunération du garde champêtre ’’ sera payée par la commune ...leurs gages seront prélevées sur les amendes...Dans le cas où elles ne suffiraient pas, la somme qui manquerait serait répartie au marc la livre de la contribution foncière à la charge de l’exploitant ’’.

C’est cette dernière solution que la commune a retenue lorsqu’elle nomme un garde champêtre le vingt et un prairial an IX ( 10 juin 1801 ) : ’’ il lui sera alloué pour salaire, savoir trente centimes par chaque arpent de pré et vingt centimes pour chaque arpent de terre ensemencée en blé...qui seront payés par chacun des propriétaires ou fermiers desdites propriétés ensemencées...de l’agrément desdits propriétaires et fermiers avons nommé pour garde champêtre le citoyen Antoine PRUNIER domicilié à Ruffin commune de Bréchamps à ce présent et dont les bonnes vie et moeurs sont reconnus ’’ .

L’absence de signature du Maire et du citoyen PRUNIER sur le registre des délibérations laisse planer un doute sur la réelle nomination de ce garde champêtre.

Le 26 floréal an X, est nommé Antoine MAUDUIT, l’aîné. Sa rémunération est toujours réglée par les propriétaires, usufruitiers ou locataires.

Une instruction pour les gardes champêtres datée du 28 thermidor an 11 ( 16 août 1803 ) précise que son rôle est la conservation des récoltes, des fruits de la terre et des propriétés rurales de toute espèce. La police des campagnes est spécialement sous leur surveillance.

Les gardes champêtres doivent faire un rapport des délits constatés sur le champ. Ils sont responsables des dommages dans le cas où ils négligent de faire le rapport des délits. Il leur est interdit, à peine de destitution et d’être punis sévèrement, de composer avec les délinquants, de recevoir aucune somme d’eux. Les abus et malversations des gardes champêtres doivent êtres dénoncés. La conclusion de l’instruction est ainsi faite : ‘’ en remplissant exactement leurs devoirs, toutes les propriétés seront conservées, les récoltes, fruit du travail et de l’industrie, n’éprouveront ni dégât ni dommage, les arbres seront à l’abri des atteintes du voyageur malveillant et des insectes rongeurs, le laboureur préservera ses troupeaux de la contagion et la sûreté des personnes sera maintenue.

A Coulombs, depuis la publication de cette instruction, on trouve 22 gardes champêtres dont les noms sont conservés au travers des actes d’état civil et des registres des délibérations du conseil municipal.

An 11 ( 1803 ) : Antoine MAUDUIT. Il décède le 15 mai 1814.

16 mars 1816 : Nicolas VOXEUR.

17 juillet 1825 : Luc LEGER – provisoirement - car Nicolas VOXEUR est malade.

12 octobre 1828 : Etienne FLECHE suite au décès de Nicolas VOXEUR. Il démissionne le 14 février 1847. Le registre des délibérations du conseil municipal fait état en février 1830 d’une plainte contre Etienne FLECHE accusé ‘’ pour n’avoir pas surveillé un délit commis par des voitures passant sur une pièce de terres ensemencée en blé appartenant au sieur LEMOINE ‘’. Le conseil municipal par cinq voix sur sept soutient son garde champêtre ‘’ il n’y a pas de reproche à faire à la conduite de ce garde et à la manière dont il remplit ses fonctions ’’.

29 mars 1847 : Pierre GUIARD prête serment. Il démissionne en mai 1866.

1866 : Pierre Louis COCHON est garde champêtre jusqu’en 1884. Le 20 avril 1884, il dresse un procès verbal contre Rose C. propriétaire dont la position de fortune la met au dessus du besoin, surprise en train du couper des genets dans le bois de François LECOMTE.

27 mai 1884 : Cosme ROUGEMONT est nommé garde champêtre à l’âge de 65 ans. Le 23 octobre 1884, il dresse deux procès verbaux contre Cyprien H. âgé de 19 ans qui conduisait à la bride un cheval dans une pièce de terre ensemencée exploitée par Stanislas PETIT et contre Philippe H. âgé de 54 ans parce que des pierres qui gênent la circulation ont été déposées dans le chemin dit de Villiers à Ruffin dans la partie entre le chemin de Beaulant et le chemin aux ânes. Le sieur Philippe H. reconnaît être l’auteur de ce dépôt.

11 mars 1885 : selon un acte d’état civil, Jacques PENSARD est garde champêtre à cette date. Il est démis de ses fonctions le 17 février 1907 en raison de son grand âge. Il a alors 86 ans !!! A l’époque il n’y avait pas de pension de retraite donc pas d’âge légal de départ.

1907 : Elmire FILLON – il est encore cité dans un acte d’état civil du 23 janvier 1911.

1911 : Isidore VIET – il est garde champêtre dans un acte d’état civil du 5 septembre 1911 et est âgé de 62 ans.

1er septembre 1923 : Zéphir GUICHARD, 49 ans, est nommé garde champêtre et payé jusqu’au 3ème trimestre 1924.

1924 : Louis MAUDUIT remplace Zéphir GUICHARD. Il cesse ses fonctions en 1941.

2 août 1941 : Edouard CHELIN est nommé garde champêtre à compter du 1er septembre suivant. Il décède le 23 avril 1944 alors qu’il est toujours en fonction et le conseil municipal décide d’offrir la concession de la place où il repose au cimetière de Coulombs.

8 mai 1944 : nomination d’Henri BELLANGER

6 mai 1947 : nomination de Jules VENARD, 64 ans. Il démissionne le 22 décembre 1956. C’est le garde champêtre de mon enfance. Il battait le tambour à différentes stations le long des rues pour attirer l’attention, attendait un court instant qu’on sorte sur le pas de la porte puis faisait son annonce ’’ avis à la population ’’. Un jour, il avait perdu sa paire de lunettes en remontant la cavée de Houdan où il habitait. Je l’avais trouvée et la lui avais rapportée. Sa femme m’avait donné des bonbons pour me remercier. Quand on est enfant, on se souvient des gens qui vous donnent des bonbons...

JPEG - 234 ko
Jules VENARD - Photo famille VENARD

10 janvier 1957 : nomination de Georges FOURMY. Il démissionne en 1963. Seule difficulté, il ne savait pas jouer du tambour. Il faisait ses annonces après avoir secoué une cloche ainsi que les gardes champêtres qui l’ont suivi.

JPEG - 48.7 ko
Georges FOURMY - Photo Gaby LAIR

1er novembre 1963 : Jean-Louis BOUGET. Il cesse ses fonctions fin 1964 car son activité avait été jugée insuffisante.

13 janvier 1965 : nomination d’André ALIX. Il ne travaillait pas sur Coulombs et la place à prendre a été une opportunité qu’il a saisie. Il a été un garde champêtre apprécié durant douze années. Il prend sa retraite le 1er avril 1977.

JPEG - 222.2 ko
André ALIX - copie d’une photo détenue en mairie

1er juin 1977 : nomination de Jean MOULENC. Il avait été conseiller municipal. La place de garde champêtre se libérait alors que l’entreprise où il travaillait allait disparaître. Il décède en activité le 21 février 1981.

JPEG - 55.3 ko
Jean MOULENC alors conseiller municipal à gauche, en compagnie de M. ALIX (photo Gaby LAIR)

1er avril 1981 : nomination de Guy MAZURE. Il démissionne en 1989 mais reste employé communal avant d’être muté en Bretagne.

1er novembre 1989 : nomination d’Albert VALLEY, Il a pris sa retraite en février 2008 à quelques semaines des élections municipales. Le conseil sortant avait décidé de laisser le choix de son remplaçant au futur conseil. Il a été question de s’orienter vers un garde champêtre intercommunal. Finalement, aucune personne n’a été nommée en remplacement de M. VALLEY qui, pour l’instant, clôture la liste des gardes champêtres de Coulombs.

JPEG - 84.9 ko
Albert VALLEY en 1994 - Cérémonie du cinquantième anniversaire de la Libération à l’école Maurice GLEDEL (photo R. TEMPÊTE)

C’est durant les fonctions de M. VALLEY que les annonces n’ont plus été faites au son de la cloche. Trop de personnes et à présent un grand nombre de femmes travaillaient, souvent en dehors de la commune. Le portage de plis et l’affichage ont été privilégiés et plusieurs panneaux implantés dans le bourg et à Chandelles. La cloche du garde champêtre fut exposée dans la salle du conseil jusqu’à ce qu’on constate sa disparition mais il subsistait le tambour conservé dans les archives et désormais installé dans le bureau de Monsieur le Maire.

Roger TEMPÊTE