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LES MAIRES DU VINGTIÈME SIÈCLE

dimanche 25 janvier 2015, par rogertempete

LES MAIRES DU VINGTIÈME SIÈCLE

Entre 1901 et 2000, Coulombs n’a compté que six maires, gage de stabilité dans la commune et de l’estime de la population pour leur premier magistrat.

Lorsque le siècle commence, Alexandre COCHE est maire depuis 1896 à la suite d’une crise municipale. Son adjoint est Paul CHAPET depuis les dernières élections de 1900. Celui qu’on appelle le Baron COCHE dispose de moyens financiers importants et fait bénéficier la commune et le bureau d’aide sociale de ses largesses.

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Portrait d’Alexandre COCHE ( don de la famille SAGE à la mairie de Coulombs ).

La grande affaire du début du siècle est la restauration du clocher et de la façade de l’église qui coûteront 4.308,47 F. alors que le devis initial s’élevait à 2.200 F. En 1903, c’est la laïcisation de l’école de filles qui retient l’attention. En 1905, on décide l’agrandissement du cimetière tel que nous le connaissons aujourd’hui. Alexandre COCHE que ses obligations professionnelles retiennent à Paris démissionne du poste de Maire en 1906 mais demeure conseiller municipal. Il reste attaché à Coulombs où il repose après son décès survenu dans la commune le 4 février 1931.

Paul CHAPET est élu Maire le 28 mai 1906 et Isidore CHAPET devient son adjoint. En 1907, on démet de ses fonctions Jacques PENSARD, le garde Champêtre, en raison de son grand âge. Il a 86 ans. En 1908, est installée la pompe de la cavée de Houdan que l’on voit toujours. En 1910, Une inondation exceptionnelle se déroule en janvier. L’école maternelle – aujourd’hui la salle de billard – est construite tandis que le conseil donne son accord pour la suppression de la deuxième distribution du courrier le dimanche et les jours fériés. Oui, vous avez bien lu, le facteur passait deux fois le dimanche. En 1912, grâce à M. GRASSIN, le meunier, l’électricité est installée à Coulombs. En 1914, un litige débute avec M. COCHE, l’ancien Maire, au sujet d’une sente communale. Mais la guerre éclate.

Le registre des délibérations du conseil municipal ne relate rien de marquant au cours de la grande guerre si ce n’est l’envoi des mandats aux soldats du front au 14 juillet et à Noël ainsi que la prise en charge à l’orphelinat par la commune des enfants DOUZIECH car le père veuf est mobilisé. Paul CHAPET aura la douloureuse mission de prévenir les épouses, les mères, les enfants, les frères ou sœurs de la disparition d’un être cher. Qu’on se souvienne des 33 noms gravés sur le monument aux morts qui sera érigé en 1921. Il n’existe pas d’archives conservées en mairie sur cette période. Ont-elles été détruites lors du bombardement de 1944 ou mal classées puis jetées ?

La guerre terminée, le litige avec M. COCHE reprend et la commune perd son procès ainsi qu’une sente qui poursuivait la sente du chemin de l’abreuvoir le long de la rivière avec une passerelle au lavoir de la Ribordière. Faut-il y voir là la raison inexpliquée de la démission de Paul CHAPET et de l’adjoint M. LECOMTE en 1921 ? Ils sont aussitôt réélus.

Le curé quitte définitivement le presbytère de Coulombs en 1922. En 1924, on accuse l’instituteur, M. BLED, de s’être approprié le précieux reliquaire de l’abbaye de Coulombs qui avait été déposé à la mairie par le curé au moment de son départ afin de ne pas courir le risque d’un vol. Le Conseil soutient M. BLED mais, suite à cette affaire, le reliquaire quittera Coulombs pour être abrité dans un coffre fort avant de rejoindre le trésor de la cathédrale de Chartres

En 1930, le projet d’installation de l’eau potable est à l’étude. M. GUILLON, nouvel instituteur, s’installe. L’inondation frappe la commune en novembre. Cette année là, on déplore encore trois incendies aussi, en 1931, est achetée une moto pompe Delahaye en remplacement des deux pompes à bras.

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Le conseil municipal de Coulombs le 27 septembre 1936 lors de la remise de la légion d’honneur à Paul CHAPET ( copie d’une photo détenue par la famille CHAPET ).

En 1936, Paul CHAPET est élevé au grade de chevalier de la légion d’honneur et une cérémonie a lieu le 27 septembre 1936. Jusqu’à la veille de la seconde guerre mondiale, c’est principalement l’électrification des hameaux, le téléphone et l’achat d’une automobile pour remorquer la moto pompe qui retiennent l’attention du conseil.

Paul CHAPET aura encore la lourde tâche d’apprendre le décès de quatre soldats aux familles lors de l’invasion de 1940. Il connaîtra l’exode puis l’occupation mais à 85 ans c’est trop lourd à supporter et il démissionne en Novembre 1940. Il aura été Maire de Coulombs durant 34 ans. Il s’éteint à Coulombs le 19 juin 1942.

Victor SAGE succède à Paul CHAPET en 1940. Il est conseiller municipal depuis 1935. Ancien combattant de 1914-1918, il fait front à l’occupant et ne se compromet pas dans la politique de collaboration. Néanmoins, le conseil doit acheter le portrait du Maréchal PETAIN en 1941 pour 250 F. La mairie établit 588 cartes de rationnement pour les habitants de Coulombs. Le conseil s’oppose au projet de rattachement à Nogent le Roi en octobre 1942. M. GUILLON organise des fêtes au profit des prisonniers.

En 1944, la libération fait subir à la commune de terribles bombardements pour couper la ligne de chemin de fer sur l’Eure. Une partie de la rue de Chandelles, de la rue des remparts et la mairie école sont détruites par les bombes tandis qu’on porte en terre 6 victimes civiles de Coulombs.

Victor SAGE est confirmé au poste de Maire dès l’élection du 29 octobre 1944 puis à celle du 18 Mai 1945 lors de l’installation d’un nouveau conseil. Il faut reconstruire la mairie école détruite. M. SAGE fait acheter la propriété BRUN, également sinistrée et cumulant tous les dommages de guerre de la commune, fait réaliser l’ensemble mairie, école, salle des fêtes qui fait toujours notre fierté. L’inauguration a lieu le 4 novembre 1951. L’immeuble GAUDIBERT qui abritait provisoirement la mairie est aménagé en logements en 1952 au profit de jeunes couples de la commune.

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M. Victor SAGE au centre et M. GUILLON, ancien instituteur secrétaire de mairie devant la nouvelle mairie inaugurée en 1951 ( copie d’une photo de la famille BOUHOU ).

En 1954, sont goudronnées quelques rues qui étaient restées en chemins de terre. Coulombs refuse la distribution de lait dans les écoles suite à la proposition de Pierre MENDES FRANCE. En 1956, la fête du 14 juillet est annulée en raison des événements en Algérie. Une cantine est installée à l’école en 1957. L’électrification de la rue de Chandelles est poursuivie pour desservir des nouvelles constructions. C’est le début du développement de la commune après un demi siècle de stabilité.

Victor SAGE, décide de ne pas se représenter en 1959. C’est une surprise et sa succession n’est pas préparée. Il profitera d’une paisible retraite jusqu’au 4 octobre 1970, date de son décès à Coulombs où il repose.

Cinq tours de scrutin seront nécessaires pour trouver un Maire. Après l’élection de quatre conseillers qui ont tous refusé le poste, Georges TOURAILLE est élu Maire le 21 mars 1959 à 68 ans.

Coulombs se modernise. Il est acheté une machine à écrire pour la nouvelle secrétaire de mairie. Des poteaux incendie sont installés . L’éclairage de l’allée des platanes est réalisé. Une clôture est posée autour de l’église pour empêcher le passage des bovidés. Un véhicule Dodge 4x4 équipe les pompiers. En 1964, les rues sont dénommées en vue de poser des plaques. Un nouvel éclairage au fluor est testé. La pose de bordures de caniveaux en grande rue est étudiée afin de remplacer les vieux pavés..

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Georges TOURAILLE ( photo détenue aux archives de la mairie ).

Mais l’élection difficile du maire laisse des traces et plusieurs réunions du conseil municipal ne peuvent pas se dérouler faute de quorum. C’est dans ce contexte que Georges TOURAILLE, malade, décède à Paris le 10 avril 1963. Il est inhumé à Coulombs. La magistrature écourtée de Georges TOURAILLE nécessite des élections pour compléter le conseil municipal avant d’élire un nouveau Maire.

Etienne PETIT, adjoint de M. TOURAILLE, est élu Maire le 12 Mai 1963. Il restera Maire 32 ans et verra la population du village passer de 609 habitants en 1962 à 1274 lors du recensement de 1991. Il est l’artisan d’un développement contrôlé de la commune.

L’éclairage public est totalement refait en 1964. La grande rue perd ses pavés pour de nouvelles bordures de trottoirs en 1965 et la salle des fêtes est rénovée. Une nouvelle inondation frappe la commune en février 1966. Des syndicats intercommunaux sont crées pour gérer les ramassages scolaires, les rivières et les ordures ménagères. Un réémetteur de télévision est installé. Auparavant, seuls quelques privilégiés regardaient la télévision grâce à des hautes antennes qu’ils avaient financées. Les événements de mai 1968 n’ont aucune incidence à Coulombs sauf que les salaires du personnel communal augmentent après les accords de Grenelle. L’aménagement d’un lotissement communal est décidé. Le regroupement pédagogique est mis en place en 1970. Mais ce n’est qu’en 1971 que la ferme de Bréchanteau est enfin reliée au réseau d’eau potable. En 1971, on travaille sur le plan d’urbanisme de la vallée de l’Eure et sur l’avant projet d’assainissement général de la commune. En 1972, 36 parcelles sont commercialisées au prix de 28 F. le mètre carré. Le lotissement communal sera réalisé en trois tranches.

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Etienne PETIT ( le 3ème à partir de la droite ) avec le conseil municipal en 1971 ( photo remise à chaque conseiller ).

L’arrivée de nouveaux habitants fait apparaître des besoins. Les écoles sont saturées, Il faut construire des bâtiments neufs. On hâte le réseau de tout à l’égout. Le plan d’occupation des sols est étudié pour s’assurer de la maîtrise des constructions neuves et éviter de nouveaux problèmes. La disparition de la laiterie, rue des remparts, permet d’acquérir des bâtiments pour installer l’arsenal des pompiers et un atelier municipal et remiser les véhicules et le matériel qu’il faut acheter pour entretenir la commune qui s’étend. En janvier 1979, d’importantes chutes de neige paralysent le département. Etienne PETIT fait adapter une simple plaque de tôle au tracteur communal et les employés communaux déneigent la commune avant tout le monde. Une nouvelle inondation se déclare lors de la fonte de cette neige exceptionnelle. En 1982, l’école maternelle du regroupement pédagogique ouvre à Coulombs bientôt suivie d’autres classes et d’un restaurant scolaire. L’assainissement est réalisé par tranches dans presque toute la commune. Un lotissement privé se crée à Chandelles. Des nouveaux sanitaires sont construits pour améliorer la salle des fêtes qui subit une mise aux normes de sécurité. L’assainissement est réalisé au hameau de Chandelles. Le regroupement pédagogique termine les constructions scolaires du primaire ce qui libère les locaux de la grande rue et de la mairie et permet la création d’un club de billard et d’une bibliothèque. En 1994, une cérémonie marque le cinquantième anniversaire de la libération de Coulombs.

En 1995, Etienne PETIT décide de ne pas se représenter. Il sait que son premier adjoint est prêt à poursuivre son œuvre. Etienne PETIT est aussitôt élevé à la dignité de maire honoraire par le Préfet. Il a de nombreuses réalisations à son actif dont la plus importante à ses yeux est le tout à l’égout dans la majeure partie de la commune. Mais, comme il le dit avec humour : ’’ça ne se voit pas, c’est sous terre’’.

Michel LESIMPLE est élu maire le 16 juin 1995 et l’amélioration de la commune continue. La salle du conseil municipal est installée dans l’ancienne classe. Un colombarium est construit au cimetière. La berge de la sente du pont du bourg est refaite. Un programme important de rénovation de la voirie est entrepris par tranches. Une cuisine complète les installations de la salle des fêtes.

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Michel LESIMPLE ( au centre ) entouré du conseil municipal élu en 1995 ( photo remise à chaque conseiller ).

Mais c’est une nouvelle fois la restauration de l’église qui retiendra l’attention avec la réfection de la façade, du clocher et de la toiture. Curieusement le siècle a commencé et s’achève avec la restauration de l’église. De 4.308,47 F. en 1902, il faudra débourser 1.600.000 F. en 1998 pour la même opération.

Malheureusement, les derniers jours de 1999 sont assombris par une tempête exceptionnelle qui couche de nombreux arbres, met bas l’ancienne cheminée de la parfumerie, jette au sol le coq du clocher qui venait d’être installé, provoque une inondation importante et prive d’électricité les habitants du Domaine de Rougemont durant plusieurs jours. Le passage à l’an 2000 s’en trouve affecté et le cœur n’est pas à la fête comme on aurait pu l’espérer.

Roger TEMPÊTE