Autour de l’abbaye

Accueil > ÉNIGMES, MYSTÈRES ET SECRETS DE COULOMBS > LES MYSTÈRES DES VESTIGES DE L’ABBAYE

LES MYSTÈRES DES VESTIGES DE L’ABBAYE

samedi 21 septembre 2019, par rogertempete

LES MYSTÈRES DES VESTIGES DE L’ABBAYE.

L’avantage d’un site internet par rapport à l’écriture d’un livre, c’est que l’on peut à tout moment mettre à jour le site alors que le livre reste figé.

Ainsi, je me souviens qu’une personne qui venait de lire l’histoire de l’abbaye de Coulombs publiée par Lucien MERLET m’avait demandé si je savais où sont les colonnes de l’abbaye qui se trouvent à Lormaye.

En effet, L. MERLET écrivait en 1864 page 5 de de son livre "Comme datant du XIème siècle et provenant incontestablement de l’église d’Oldoric, nous citerons deux pilastres, à Lormaye, sur le bord du Roulebois, servant de soutènement à une grille de jardin. Ces deux pilastres, qui portent de hauteur 1 mètre 90, base, fût et chapiteau, sont vraiment surprenants par leur singularité".

L. MERLET ajoutait "La Société Archéologique d’Eure-et-Loir a fait plusieurs démarches pour sauver ces deux précieux monuments de la destruction qui les menace. Tous ses efforts ont été infructueux. Nous avons cru du moins devoir conserver par la gravure, le mieux qu’il nous est possible, la figure de ces deux colonnettes". Il insérait une gravure de ces colonnes réalisée par M. ROUSSEAU qui était alors instituteur à Coulombs.

JPEG - 466.9 ko
Extrait du livre de L. MERLET

Précédemment à la même page, L. Merlet écrivait "un autre chapiteau, sculpté et représentant d’un côté six bêtes féroces s’entre-mordant et de l’autre deux petits personnages, est aujourd’hui encastré dans le mur d’une étable".

En lisant ce livre, on peut se demander ce que sont devenus ces vestiges. Si L. MERLET est décédé en 1898 avant d’avoir pu sauver les pilastres, la Société Archéologique a poursuivi ce projet mais ce n’est qu’à la séance du 21 avril 1904 (page 416 du tome 11 des procès verbaux de la S.A.E.L.) que le Président fait part aux membres "que deux colonnes sculptées, provenant de l’abbaye de Coulombs qui étaient depuis longtemps dans le jardin de la propriété de M. LEGRAND, à Lormaye près Nogent-le-Roi, viennent d’être acquises, pour la somme de deux mille cinq cents francs, par la Société des Amis du Louvre.

En revanche, le chapiteau encastré dans une étable de Coulombs semblait avoir disparu puisqu’on n’en trouvait plus mention. C’est par hasard que j’ai recueilli, grâce à internet, un renseignement sur le site Persée. Il faut désormais aller bien loin pour l’admirer puisqu’il se trouve aux Etats-Unis à Kansas City.

Un article a été publié en 1960 dans le Bulletin Monumental sous la signature de Francis SALET : "Tous les Français qui connaissent quelque peu les collections de sculpture du Louvre et se sont arrêtées devant les deux puissantes colonnes torses provenant de l’abbaye de Couylomns, près de Nogent-le-Roi, seront heureux d’apprendre que la moitié qui manque au chapiteau de l’une d’elles est aujourd’hui retrouvée. Elle est conservée dans les collections de la Nelson Gallery à Kansas City (Missouri). Ce fragment, d’un très beau style, représente trois personnages sous des dais et six lions qui s’entre-dévorent. Avec le fragment du Louvre, qui est très mutilé, cela ne suffit pas à faire reconnaître la scène figurée qui est très probablement tirée de l’ancien testament. Du moins, l’identification est-elle certaine. Les deux morceaux se raccordent et se complètent. D’ailleurs, celui de Kansas City a été décrit en 1863 par Lucien MERLET lorsqu’il se trouvait, à Coulombs même, encastré dans le mur d’une étable, tandis que les colonnes du Louvre se conservaient dans une propriété particulière à Lormaye".

JPEG - 178.4 ko
Photo jointe à l’article du Bulletin Monumental

L’article ne donne pas la même provenance que celle avancée par Lucien MERLET. Le rédacteur suppose que ce chapiteau et les colonnes remontent au XIIème siècle au temps de l’abbé Roger et qu’elles faisaient partie du cloître primitif qui a été renouvelé plus tard. Il ne précise pas comment ce fragment de chapiteau a traversé l’Atlantique pour se retrouver à Kansas City. Où était-il à Coulombs dans une étable ? Qui l’a récupéré à un moment et l’a sans doute vendu ?

Nous avons la chance que les deux colonnes soient exposées au Louvre et que l’on puisse facilement les admirer. Elles viennent de bénéficier d’une restauration en 2017. Un article a été publié dans Grande Galerie, le journal du Louvre, numéro 43 mars/avril/mai 2018.

JPEG - 557.4 ko
Extrait de Grande Galerie, le journal du Louvre

Le Louvre possède aussi une vierge qu’on attribue à l’abbaye de Coulombs. Le classement de cette statue ancienne laisse clairement planer un doute sur son origine et sa date supposée.

JPEG - 191.2 ko
Extrait du classement d’une statue attribuée à l’Abbaye de Coulombs

Un article publié dans un journal dont je n’ai pas le nom ni la date exacte (vers 1923 ?) donne quelques explications sans pour autant éclaircir le mystère.

JPEG - 755.8 ko
Vraie ou fausse statue de l’Abbaye de Coulombs

En conclusion, il est difficile d’avoir des certitudes lorsqu’il s’agit du passé.

Roger TEMPÊTE